Il y aura eu ce garçon. Je l'ai aimé. Quelqu'un a dit qu'il y a autant de façon d'aimer qu'il y a d'étoiles dans le ciel. Alors moi je l'ai aimé comme le yin aime le yang. J'ai vu en lui ma face sombre, comme ce qu'il y a de meilleur en moi. J'y ai vu l'écho exact de mes pensées, comme mon reflet mental dans un miroir. J'y ai vu de la noirceur. Le noir de la protection contre ce monde, le noir du lyrisme, le noir du fantastique.
Noir, comme cette nuit qui ne s'est jamais terminée. Tout ce que je disais sortait de sa bouche, tout ce qu'il pensait sortait de la mienne. J'ai vu la personnification de mon idéal. Il avait le visage de mes rêves. Dans ses yeux j'ai vu un vent glacial et j'ai eu peur. J'ai voulu faire fondre cette glace et à un moment j'ai cru sentir quelque chose de tendre au bout de mes doigts.
J'ai cru trouver en lui toutes les qualités et les défauts que j'aurai mis dans un humain si j'avais pu créer moi même l'homme de ma vie.
Alors j'ai voulu être à la hateur.
Je me suis donné du temps pour m'améliorer. De sorte que, lorsqu'on se reverrait, l'accord physique se joigne à l'accord mental. J'ai pensé à lui avec des frissons et je me suis dit que cette récompense valait beaucoup d'effort. J'ai commencé à croire à quelque chose.
Puis il y a eu ce fameux retour.
Lui aussi avait changé. Il m'a à peine parler. Et pour cause, sa bouche était trop occupée à se mêler à celle d'une autre fille...
Elle qui a voulu rentrer après avoir bu un verre de vodka, de quoi peut-il bien lui parler du crépuscule à l'aube ?
Et si cette nuit n'avait été qu'un rêve ?